Qu’est-ce qu’une montagne? Combien en existe-t-il? Lorsqu’on aborde ces questions simples liées à la topographie du monde ou d’un pays, force est de constater que la réponse n’est pas si évidente.
Si le moindre monticule est considéré comme une montagne, leur nombre est infini. Une délimitation objective pertinente s’impose donc pour établir un classement entre les montagnes. Trois critères entrent ici en jeu: l’altitude, la dominance et la proéminence.
La dominance est la distance qui sépare le sommet d’une montagne du point situé à une altitude supérieure le plus proche, distance qui est mesurée à vol d’oiseau, à l’horizontale. La dominance de la "montagne A" sera ainsi déterminée en fonction de sa distance avec le sommet présentant une altitude supérieure le plus proche. Les montagnes dominantes sont donc celles qui sont les plus hautes sur un large rayon. Si le critère de dominance est fixé à un rayon de 1 km, la Suisse compte plus de 1'500 montagnes importantes, 62 lorsque le rayon est porté à 10 km et 3 avec un rayon de 50 km. En Suisse, le Piz Bernina est, avec 137.9 km, la montagne qui présente la plus grande dominance; le Finsteraarhorn est le sommet le plus proche à avoir une altitude supérieure. En deuxième position, la Pointe Dufour avec une dominance de 78.2 km, suivie du Finsteraarhorn avec 51.65 km, du Chasseral avec 49.5 km, du Piz Russein (massif du Tödi) avec 42.05 km et du Mont Tendre avec 38.7 km.
La proéminence topographique ou hauteur de culminance est la différence d’altitude entre un sommet et l’ensellement ou le col le plus élevé permettant d’atteindre un sommet encore plus élevé. En d’autres termes, la hauteur de culminance est le dénivelé minimum de la descente à parcourir pour remonter sur une montagne plus élevée. La hauteur de culminance indique le degré de proéminence d’une montagne. Avec 2'280 m de hauteur de culminance, c’est le Finsteraarhorn qui est le sommet le plus proéminent, suivi du Piz Bernina avec 2'234 m, de la Pointe Dufour avec 2'165 m et du Säntis avec 2'021 m.
L’importance d’un sommet se mesure aussi à sa valeur d’«indépendance». Celle-ci prend en compte la dominance, la proéminence relative et l’altitude d’un sommet. Pour chacune de ces grandeurs, des indices sont calculés, additionnés puis divisés par trois. Dans la catégorie «sommets d’importance mondiale» comme le Mont Blanc ou le Grossglockner, on obtient ainsi des valeurs inférieures à 1.0, pour les «principaux sommets d’un continent» tels que le Säntis, des valeurs inférieures à 2.0.
La Suisse à l’international / Nature et Environnement / Montagnes
25 novembre 2020
14 février 2022
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