Qu’est-ce que la phénologie végétale?
La phénologie s'intéresse aux phénomènes de développement qui se répètent régulièrement dans la nature. La phénologie végétale a pour but d’observer les dates d’apparition (correspondant à un jour concret de l’année) des phases phénologiques, telles que le déploiement des feuilles, la floraison, la maturité des fruits, la coloration et la chute des feuilles de différentes espèces de plantes.
Les observations phénologiques dans le monde végétal concernent p. ex. le moment de la floraison générale, lorsque 50% des fleurs du pissenlit sont ouvertes, ou le moment lorsque 50% des feuilles du robinier sont déployées, ou encore le début de la floraison du sureau rouge, avec l’ouverture des premières fleurs sur trois inflorescences.
Comment mesure-t-on la phénologie végétale?
MétéoSuisse exploite depuis 1951 un réseau de surveillance phénologique qui comprend aujourd’hui près de 160 stations réparties dans toute la Suisse. Pour décrire le développement de la végétation, 26 espèces de plantes différentes sont examinées au cours des saisons. Aujourd’hui encore, les observations sont effectuées manuellement par les personnes compétentes. En Suisse, il existe deux séries d’observations phénologiques particulièrement longues: la date d’apparition de la première feuille du marronnier officiel est notée à Genève depuis 1808, celle de la floraison du cerisier à Liestal depuis 1894.
Influences sur la phénologie végétale
Le développement de la végétation est influencé par différents facteurs tels que le climat, la nature du sol, la flore et la faune du sol, la topographie et l’altitude, ainsi que les conditions météorologiques actuelles ou la durée du jour et la génétique de la plante. Comme le développement de la végétation au printemps et en été dépend fortement de la température, les plantes sont des indicateurs du changement climatique particulièrement pertinents. Les longues séries d’observations sont extrêmement précieuses pour tirer des conclusions sur les conditions climatiques passées.
Comme nombre de ces facteurs d’influence sont fortement corrélés à l’altitude, il en va de même pour le développement de la végétation. Un changement d’altitude de 100 mètres correspond à peu près à une modification de trois jours du développement de la végétation au printemps et en été.
Développement de la phénologie végétale en Suisse
Outre les observations de certaines espèces végétales, MétéoSuisse publie chaque année une valeur moyenne pour l’évolution phénologique au printemps en Suisse: l’indice du printemps. Cet indice prend en compte les données de floraison et de déploiement des feuilles de neuf espèces végétales différentes sur environ 80 sites avec de longues séries de données. L’indice du printemps met en évidence les fortes variations annuelles et illustre la tendance générale à une floraison et à un déploiement des feuilles plus précoces. Alors que le début du développement de la végétation au printemps n’a guère changé jusqu’en 1988, on observe une nette précocité depuis 1989.
Selon l’espèce végétale, le développement au printemps peut dépendre non seulement de la température, mais aussi de la longueur du jour, comme par exemple pour le hêtre. Comme la longueur du jour n’a pas changé, le temps du déploiement des feuilles du hêtre n’a que peu évolué depuis 1951 et n’intervient aujourd’hui qu’environ cinq jours plus tôt. D’autres espèces, comme le noisetier, réagissent en revanche très fortement aux changements de température. Ainsi, dans certaines stations situées à moins de 800 mètres d’altitude, la floraison du noisetier a été avancée de 18 jours par rapport à 1952. Pour le pissenlit, l’avancée est de 14 jours, et pour la floraison du cerisier, elle est de 11 jours. Ces observations montrent que la végétation se développe aujourd’hui nettement plus tôt au printemps et en été qu’il y a quelques décennies. Cela s’explique par l’augmentation des températures due au changement climatique.
Information sur la carte
La carte montre l’évolution des dates de floraison générale, auxquelles 50% des fleurs sont ouvertes, pour le pissenlit et la marguerite. Une barre correspond à une chronologie de référence, sur laquelle sont indiquées les valeurs moyennes de dates de floraison pour les périodes 1951-1970 et 2004-2023. Il est ainsi possible de voir, pour une station de mesure donnée, l’évolution de la date de floraison au cours de ces deux périodes.
À la lecture de la carte, il est important de noter que les observations phénologiques présentent des incertitudes. Ainsi, l’estimation de l’atteinte d’une phase phénologique reste en partie subjective, malgré des instructions précises pour l’observateur. S’agissant des longues séries de données, le changement d’observateur et de plantes observées créent également des incohérences et des incertitudes. Malgré ces imprécisions, les observations fournissent des informations précieuses pour mieux comprendre les processus de développement des plantes et l’influence du changement climatique.
Nature et Environnement, Météo et climat
27 septembre 2024
12 novembre 2024
Ce thème contient des visualisations que la version web de l’Atlas ne prend pas encore en charge. Vous pouvez l’ouvrir dans l’application de bureau sur votre ordinateur.
Pas encore installée ? Télécharger l’application de bureau